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 Fou de joie, je répondis : Oui ! Voulez-vous savoir ce qu’il me raconta?

 

Un certain nombre d’entre vous vont sans doute penser que je vais dire qu’il n’y a pas de secret en Feng Shui et que tout ce dont vous avez besoin est de développer un grand cœur plein de compassion. Ceci a du sens, mais ce n’est pas ce que m’a dit le maître. Il a dit, « C’est une tradition que le maître actuel ait seul le droit de lire le livre. Mais je suis enclin à penser que je n’ai pas l’interdiction de révéler le secret verbalement. Promets-moi, de ne dévoiler ceci à personne avant les dix ans qui suivent ma mort. » Le maître mourut en 1990 à un âge très avancé, mais il vit dans mon cœur. Il y a maintenant dix ans qu’il est décédé, je suis libre de dévoiler ce qu’il m’a dit.

 

« Ce livre contient l’enseignement le plus important de chaque maître de notre école depuis Huang Shi Gong », dit le maître lentement, en regardant les étoiles, comme s’il pouvait y trouver les anciens maîtres. « La première page a quatre mots: 孺子可教 Ru Zi Ke Jiao.» Il me souriait en parlant, cette phrase célèbre vient de l’histoire de Huang Shi Gong and Zhang Liang 張良. Zhang Liang vient d’une famille célèbre, lorsqu’il était petit, il vendit les propriétés léguées par ces parents et entreprit d’utiliser l’argent pour se débarrasser du tyran 秦始皇帝 Qin Shi Huang Di (le premier Empereur de la dynastie Qin). Un jour, il passa un pont étroit au-dessus d’un courant, pont dont la largeur ne permettait que le passage d’une seule personne. Lorsqu’il fût sur le point d’arriver de l’autre côté du cours d’eau, un vieil homme mis le pied sur le pont ignorant sa présence.

 

Zhang Liang ne dit pas un mot. Il recula jusqu’au point d’où il était parti afin de permettre au vieil homme d’utiliser le pont en premier. Lorsque l’ancien fût sur le point d’atteindre la rive opposée, il lança ses chaussures dans le courant. Il regarda Zhang Liang et lui ordonna, « Jeune homme, va les chercher ». Zhang Liang descendit dans l’eau et ramassa les chaussures. Il les sécha et les plaça devant le vieil homme. « Enfile les moi » lui dit le vieil homme. Zhang s’agenouilla et chaussa les pieds du vieil homme qui fût ravi et dit « Ce beau jeune homme est digne de mon enseignement. ».

 

Il donna un cartable bleu céruléen à Zhang et à l’intérieur se trouvaient beaucoup de livres de valeurs. Il lui dit « Etudie ces livres et utilise tes connaissances pour aider le Véritable Fils du Ciel à établir son empire. Reviens me voir, ce même jour dans dix ans ». Zhang Liang aida Liu Bang 劉邦 à détrôner l’empire Qin et à battre ses rivaux afin d’unifier à nouveau la Chine. Ce fût la célèbre dynastie Han 漢朝. Etudiant dans les livres du cartable céruléen que Liu Bang était un homme qui ne pouvait faire confiance à personne, Zhang démissionna et parti vivre heureux dans les montagnes. Il n’oublia pas le rendez-vous pris avec le vieil homme 10 ans avant, mais celui-ci ne vint pas. Il découvrit une pierre jaune près du courant qui lui rappela les vêtements du vieillard. Comme son nom lui était inconnu, il le surnomma Huang Shi Gong – L’honorable Ancien Rocher Jaune.

La première page du livre ne parle donc pas des secrets du Feng Shui, mais de la façon de les obtenir.

 

La page 2 fût probablement écrite par Zhang Liang, me dit le maître lentement, regardant le ciel étoilé comme si Zhang Liang s’y trouvait. « Le texte consistait en quatre mots ». Je me penchais en avant dans l’attente de ces quatre mots et le maître les prononça avec un tel impact qu’ils résonnent encore dans mes oreilles :

 

« 元亨利貞Yuan, Heng, Li, Zhen »

 

« Ces quatre mots sont applicables à tous les scénarios » , le maître continua, « dans les études du Feng Shui comme dans toutes les études, il doit y avoir un début et le début est de la plus grande importance. Tu peux commencer en lisant un livre. Si c’est un bon livre, c’est un bon début. Tu peux commencer avec un maître si c’est un bon maître, tu auras un bon début. Le fait d’avoir un bon début dépend de ton karma. »

 

J’ajoutais un peu de thé chaud dans la tasse du maître. Il le sirota et continua, «  Au début tout est facile et utile. Les progrès sont comme semer des graines au printemps et les regarder pousser vigoureusement en été. Ensuite, il y aura la joie de la récolte à l’automne. Après avoir étudié un an, tu penseras que tu auras tout appris et tu commenceras à pratiquer.

 

Je commençais à transpirer car c’était tellement vrai. « Comme pour les arts martiaux, lorsque tu auras étudié une année, tu penseras que tu es invincible. Après dix ans d’études tu sauras que même mettre un pied en avant est difficile. Après la récolte, il y a l’hiver, » dit-il en prenant une autre gorgée de thé. « Tu sauras alors que tu devras démarrer un autre tour d’étude. Ce cycle va et vient. Tu dois persister sur le chemin choisi en dépit du fait qu’il peut être glacé en hiver. »

 

Son enseignement était si vif, son interprétation du Yi-Jing si inspirante. J’ai dû faire beaucoup de bonnes choses dans ma vie passée pour avoir trouvé un si bon maître dans cette vie. « Tu dois être curieux au sujet des autres pages ! » me dit le maître. « Mon maître m’a dit qu’à chaque génération, le maître responsable ajoute quelque chose dans le livre. Après avoir pratiqué et enseigné pendant plusieurs années, il écrit ses découvertes dedans. Ainsi, l’enseignement de notre école n’est pas la même à chaque génération. Le but est que chaque génération soit meilleure que la précédente ». J’étais stupéfié. Je n’avais jamais imaginé que l’enseignement et l’étude du feng shui fût ainsi. J’avais l’impression que les secrets de feng shui étaient révélés à des personnes choisies lorsque le maître était sur le point de mourir.

 

« Que ce passe-t-il lorsque un maître écrit quelque chose de faux ou d’invalide dans le livre ? » Demandais-je. « Dans ce cas nous sommes autorisés à ajouter quelque chose dans le livre, mais seulement après avoir enseigné pendant 30 ans. Beaucoup de maîtres par le passé n’ont rien ajouté. Nous ne pouvons pas attendre de chaque génération qu’elle ait un maître brillant qui contribuera à ajouter des nouvelles idées ou techniques ».

 

« Pourquoi le livre n’est-il pas imprimé sous forme de manuel ? » demandais-je car je souhaiterais en avoir une copie. « Nous enseignons les techniques les plus avancées seulement après avoir observé pendant dix ans que l’étudiant a un bon cœur. L’objectif n’est pas de conserver les secrets, mais sans ces dix années de préparation, l’étudiant n’est pas prêt pour apprendre ces techniques. On ne peut pas apprendre le calcul à un enfant de maternelle, n’est-ce pas ? »

 

Le maître était habituellement tranquille mais lorsqu’il parlait on ne pouvait plus l’arrêter. Il continua : « Nous n’avons pas de manuel figé. Les cinq premières années nous enseignons les bases. Ensuite, nous partons faire des sorties éducatives pour permettre aux étudiants de sentir le « Qi ». Les formes ne sont pas faciles à enseigner. On ne peut pas enseigner les formes par les diagrammes ou les photos. Il faut être présent pour obtenir le ressenti. Tu es différent car je peux voir que tu as passé ton enfance dans les montagnes ».

 

« J’encourage mes étudiants à lire le plus de livres possible, j’attends de mes étudiants qu’ils soient capables de dire quelle partie du livre est utile et laquelle a de mauvaises idées ».

 

Je demandais au maître : A part Huang Shi Gong et Zhang Liang y a-t-il d’autres personnes célèbres qui ont écrits leurs pensées dans ce livre ? « Aucun n’a signé de son nom dans le livre. Mon maître m’a dit que Guo Pu 郭璞, Qiu Yan Han 丘延翰, Yang Yun Song 楊筠松, Zeng Wen Chan 曾文辿, Chen Tuan 陳摶, Wu Jing Luan 吴景鸞, Xu Ren Wang 徐仁旺, Jiang Ping Jie 蔣平階, Jiang Yao 姜垚, sont parmi les gens célèbres ayant contribués à ce livre » dit-il.

 

“J’ai compris que seul un maître avait eu accès à ce livre. Pourquoi les autres de l’école sont-ils privés de ce privilège ? » Demandais-je avec curiosité ?

“Ce livre a beaucoup d’informations, expliqua-t-il, l’information sans l’enseignement est inutile. Parfois, elle peut même être blessante. Tu peux voir la situation chaotique à l’extérieur de notre école. Les gens qui proclament être de la lignée du Très Grand Maître Jiang Da Hong蔣大鸿 sont subdivisés en plusieurs sectes. Pourquoi ? A cause, de l’interprétation différente que peuvent avoir différentes personnes pour la même information ».

 

“Dans notre école le maître responsable sectionne le meilleur disciple afin qu’il soit responsable le jour où iI décède. On lui a appris les mêmes choses qu’aux autres mais il a probablement eu la meilleure compréhension. Il lui donne la responsabilité de partager ce qu’il a compris avec les autres. Dans notre école, le maître responsable doit révéler tous les secrets contenu dans ce livre à chacun dans l’école. L’enseignement est confiné à l‘intérieur de l’école et les personnes extérieures n’ont pas les bases. Nous discutons, débattons, expérimentons pour la recherche de la vérité. Les résultats sont inscrits dans le livre ».

 

Je demandais alors: “Comment puis-je apprendre ces secrets alors que je ne suis pas inscrit dans l’école? ». Le maître rit comme si j’avais posé la question la plus stupide. Il me regarda alors et demanda : « Pourquoi penses-tu que j’ai parlé avec toi pendant toutes ces années ? Si tu avais été dans l’école, je t’aurais probablement pris comme successeur. Promets-moi, de ne dévoiler ce que je viens de te dire aujourd’hui que dix ans après que j’ai quitté ce monde.

 

Le visage riant s’éclaira lorsque mes yeux se remplirent de larmes de gratitude.

 

Joseph Yu. 

Article écrit par Joseph Yu

Voici un article que j’écrivis il y a 10 ans à propos des secrets du Feng Shui. Il existe une école de Feng Shui qui assure être de la lignée de Huang Shi Gong黄石公(200 AJC).

 

A chaque génération, un disciple est choisi pour être à la tête de l’école. Il hérite des secrets de celle-ci et ils sont écrits dans un livre qui ne doit être vu par personne d’autre que le responsable de l’école. Le secret est ainsi transmis depuis plus de 2000 ans.

 

Le livre original sous la forme d’un rouleau de bambous fût perdu. Celui qui est transmis actuellement a été fabriqué sous la dynastie Song宋朝. J’ai aperçu ce livre de loin mais n’ai aucune idée de ce qui y est écrit.

 

A chaque fois que, j’ai questionné le maître détenteur de ce livre au sujet des

secrets de Feng Shui, il souriait et ne répondait pas à ma question. Un peu avant que je quitte Hong Kong en 1986, j’ai rendu une visite au maître. Il me dit soudain « Tu me questionne à propos des secrets de Feng Shui depuis des années, veux-tu connaître la réponse ? ».